Amélie Nothomb, mon « inception » littéraire

Le crime du Comte Neville, Amélie Nothomb

Ah le dernier Nothomb, le petit plaisir qui signe la fin des vacances tous les ans. Et cette année, j’ai vraiment aimé Le crime du Comte Neville. J’ai retrouvé le plaisir de lire un Nothomb que j’avais un peu perdu de vue les années précédentes.

J’ai pourtant lu beaucoup de critiques négatives sur la blogosphère. C’est un peu toujours ça d’ailleurs, des qui aiment, d’autres qui aiment moins mais tous les ans les lecteurs sont au rendez-vous. Toujours !

Pourquoi?

Sans doute parce que lire un Nothomb c’est un peu se retrouver propulsé au gouter de non-anniversaire dans Alice au pays des merveilles. Tout est loufoque et un peu magique, mais le tout servi avec le bon mot du Chapelier Toqué. Je ne sais pas, c’est peut être la couverture de cette année prise au cimetière du Montparnasse qui m’a fait penser à cela, mais Amélie, c’est tire quand même beaucoup du Chapelier Toqué non ?

Le crime du Comte Neville, Amélie Nothomb
Le crime du Comte Neville, Amélie Nothomb

Si Inception, n’a rien inventé face à l’univers de Lewis Carroll, lire un nouveau cru d’Amélie, c’est un peu plonger dans un rêve imbriqué dans un rêve. Et force est de constater que, quelque fois, les rêves sont des cauchemars. A toute table de réception, les hôtes prennent la parole chacun leur tour, l’univers et l’humeur change à chaque prise de parole. Chaque livre présente un des hôtes de cette table déjantée, Amélie est elle-même un de ces personnages, et nous assistons à ces discussions jouissives tels des Alcooliques Anonymes à une réunion annuelle, en beaucoup plus classe bien sur.

Cette année, l’honneur a été fait à Henri, Comte de Neville et sa fille Sérieuse, Henri est issu de la noblesse belge, habitué et grand amateur de belles réceptions, attaché à son étiquette tout en ayant conscience du paradoxe d’être châtelier sans fortune. Sérieuse, sa fille, adolescente un peu paumée (si ce n’est pas un pléonasme de dire cela) a elle seule dépeint le mot qu’Amélie essaye d’immiscer en nous  avec cette nouvelle histoire : le ressenti.

Parce que finalement, la lecture n’est elle pas une histoire de ressenti ?

Je crois qu’Amélie Nothomb attache une grande importance à la psychologie, ce n’est pas une psychologie commune, mais elle s’attache à un détail dans ces personnages qui fait toute la différence : l’adolescence, l’anorexie, l’ivresse, la folie meurtrière, le burn out, la perdition … Elle s’attache aussi à un jeu qu’elle aime par dessus tout : le bon mot. Et je crois que c’est cela qui fait que l’on aime les histoires d’Amélie mais aussi que parfois, on les déteste mais qu’on y revient toujours.

Alors si vous voulez prendre une tasse de thé dans un monde un peu particulier, testez le nouveau Nothomb, et vous verrez.

 

 

6 Commentaires

  1. Après une période durant laquelle j’ai dévoré à peu près tous les Nothomb existants, je me suis un peu lassée… Mais ton article (très bien écrit, au passage !) me donnerait presque envie de m’y remettre :).

    1. Amy dit : Répondre

      C’est gentil. Et faudra me dire ce que tu en penses alors !

  2. J’ai vu une émission sur le nouveau livre d’Amélie Nothomb sur la Grande Librairie. J’ai adoré la critique qui a été faite et me donne très envie de lire son nouveau roman, de plus Amélie est une de mes auteurs préférées :)

    Je t’embrasse,
    http://sofunnygirl.blogspot.fr

    1. Amy dit : Répondre

      J’aime beaucoup la Grande Librairie également et comme elle est là à chaque rentrée c’est toujours sympa de la voir et de l’entendre parler de son livre alors que je l’ai déjà lu le plus souvent.
      En tout cas donne moi ton avis quand tu l’auras lu ^^

  3. très bon article (bon ressenti)
    tu as tellement raison, je ne me considère pas comme fan, je n’ai pas souvenir d’avoir vraiment adoré un de ces romans (meme si je n’en ai pas lu tant que ca) mais c’est vrai, j’y reviens à chaque fois ! et à chaque fois, les fins me decoivent, mais le cheminement qui nous y emmene est tellement toujours..je ne sais pas d’ailleurs quel adjectif employé,bref, j’aime le corps du roman, pas sa fin.
    mais j’y reviendrai encore sans doute…

    1. Amy dit : Répondre

      Alors les fins à la Nothomb sont toujours des pirouettes, quelques fois elles laissent un goût amer, d’autre fois un goût de reviens y, et d’autres fois encore elles nous bluffent. Mais toujours une pirouette. Et pourtant j’en ai lu des Nothomb et même si je n’aime pas tout, j’en redemande toujours. C’est très étrange.

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